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Analyse du rapport France Datacenter / Iliad : impacts pour les DSI sur la souveraineté numérique, l’énergie, la fiscalité et la valorisation de la chaleur fatale dans les datacenters en France.
Datacenters en France : 19 propositions pour accélérer le déploiement des infrastructures numériques

Un rapport qui bouscule le statu quo des datacenters en France

Le rapport France Datacenter et groupe Iliad sur les datacenters en France place frontalement la question de la réglementation et de l’infrastructure numérique au cœur des arbitrages DSI. En rappelant que plus de la moitié de la consommation d’électricité liée aux usages numériques français se fait hors de France, dans des pays au mix énergétique plus carboné, il met les centres de données au même niveau stratégique que les réseaux de transport ou les infrastructures ferroviaires. Pour un directeur des systèmes d’information, ce constat transforme le choix d’un data center en décision de souveraineté numérique autant qu’en décision énergétique, avec un impact direct sur la localisation des données, la résilience et la maîtrise des coûts d’exploitation.

Les auteurs proposent un statut de « plateforme d’infrastructures d’intérêt national majeur » pour les data centers, afin de sécuriser les projets d’implantation de centres de données dans la durée. Ce statut PIINM viserait à simplifier les procédures administratives, à clarifier l’application du code de l’urbanisme et à accélérer le raccordement au réseau électrique, en particulier en Île-de-France où la tension sur l’électricité freine plusieurs projets de plusieurs dizaines de mégawatts. Pour les DSI qui arbitrent entre cloud public international et centres de données en France, ce changement de cadre pourrait réduire le risque de non-disponibilité de capacité électrique pour leurs futurs besoins numériques et sécuriser la montée en charge de leurs plateformes critiques.

Le rapport insiste aussi sur la nécessité de coordonner planification numérique et planification énergétique, en intégrant les data centers dans les schémas régionaux d’aménagement et de réseau. Les centres de données deviennent alors des infrastructures critiques, au même titre que les postes électriques ou les réseaux de transport d’énergie, avec une attention particulière portée à la consommation, à l’impact environnemental et aux émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, les DSI doivent relire leurs livres blancs internes sur l’hébergement des données et des applications à l’aune de ces nouvelles priorités de souveraineté numérique et d’efficacité énergétique, en intégrant des indicateurs comme le PUE, le taux d’énergie renouvelable et la part de charges traitées en France.

Procédures, électricité, fiscalité : ce que changeraient les 19 propositions pour les DSI

Le premier bloc de propositions vise à simplifier les procédures administratives pour l’implantation de centres de données dans des locaux existants ou sur des friches industrielles. En clarifiant les règles du code de l’urbanisme, en harmonisant les délais d’instruction et en donnant un cadre stable aux projets, France Datacenter et Iliad cherchent à réduire le temps entre décision d’investissement et mise en service d’un nouveau data center, aujourd’hui souvent supérieur à trois ou quatre ans. Pour un DSI, cela signifie des trajectoires de capacité plus prévisibles, donc une meilleure articulation entre feuille de route cloud, besoins de stockage de données et projets d’intelligence artificielle, avec des jalons de déploiement plus fiables.

Sur le plan énergétique, la logique « premier prêt, premier servi » proposée pour les raccordements au réseau électrique change la donne pour les centres de données en France. En sécurisant plus tôt la puissance électrique disponible, les opérateurs de data centers peuvent engager des projets d’extension ou de nouveaux centers en France avec moins d’incertitude sur l’énergie, la consommation et les coûts d’électricité. Les DSI qui pilotent des stratégies d’optimisation des centres de données peuvent alors négocier des engagements de capacité plus longs, mieux alignés avec leurs plans de transformation numérique et leurs objectifs d’efficacité énergétique détaillés dans leurs propres stratégies d’optimisation des centres de données décrites dans ces stratégies innovantes pour DSI, en intégrant par exemple des scénarios de croissance de charge sur cinq à dix ans.

Le rapport aborde aussi la question de l’alignement fiscal pour les data centers et les centres de données en France, afin de rendre les projets plus compétitifs face aux pays voisins. En réduisant certaines distorsions de charges sur les infrastructures électriques, les groupes électrogènes, les systèmes de refroidissement et les réseaux internes, les auteurs veulent encourager l’implantation de centres de données à haute efficacité énergétique sur le territoire. Pour les DSI, cette évolution fiscale pourrait se traduire par des offres d’hébergement plus compétitives, avec une meilleure valorisation de la chaleur fatale, une moindre exposition aux hausses de coûts d’énergie et un meilleur équilibre entre centres de données en Île-de-France et régions, en particulier pour les charges applicatives les plus sensibles à la latence et aux contraintes réglementaires.

Souveraineté numérique, énergie et chaleur fatale : les arbitrages concrets côté DSI

Le troisième axe du rapport touche directement les arbitrages entre souveraineté numérique, impact environnemental et performance économique des infrastructures. En promouvant la reconversion de friches industrielles pour l’implantation de centres de données, les auteurs cherchent à rapprocher les data centers des réseaux de chaleur urbains, des sources d’eau de refroidissement et des grands nœuds de réseau, afin de maximiser la valorisation de la chaleur fatale. Pour un DSI, cela ouvre la voie à des contrats d’hébergement où la performance énergétique, la récupération de chaleur et la réduction des gaz à effet de serre deviennent des clauses aussi structurantes que la disponibilité ou la latence, avec des objectifs chiffrés de réutilisation de chaleur ou de réduction d’empreinte carbone.

Les opérateurs comme OVHcloud, Scaleway (groupe Iliad) ou Data4 expérimentent déjà des systèmes de refroidissement avancés, des boucles d’eau tempérée et des schémas de valorisation de chaleur fatale vers des réseaux urbains. En combinant ces innovations avec des engagements d’électricité d’origine renouvelable et une meilleure intégration au réseau électrique, les nouveaux centres de données peuvent réduire fortement leur consommation spécifique d’énergie, avec des PUE visés proches de 1,2 dans les projets les plus récents. Les DSI qui travaillent sur un stockage écoresponsable et un data center plus vert, comme détaillé dans ces actions concrètes pour un data center vert, disposent alors de leviers tangibles pour aligner leurs choix d’hébergement avec les objectifs climat de leur entreprise et les trajectoires de décarbonation publiées dans leurs rapports RSE.

Reste la question de l’architecture globale des données et des applications, que les DSI doivent repenser à l’aune de ces nouvelles infrastructures numériques. Entre centres de données en France, data centers hyperscale à l’étranger et edge data center au plus près des sites industriels, la répartition des données, des charges d’intelligence artificielle et des flux réseau devient un exercice de pilotage fin, où chaque kilowattheure et chaque milliseconde comptent. Pour structurer ces décisions, un DSI peut s’appuyer sur des analyses de type FinOps, sur les cadres NIST et ISO 27001, ainsi que sur des réflexions stratégiques autour du choix d’une plateforme de stockage pour transformer l’entrepôt de données en actif numérique, comme l’illustre ce guide sur la plateforme de stockage stratégique, en intégrant désormais les contraintes de localisation, de mix énergétique et de valorisation de la chaleur fatale.

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